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Revue de Presse

Vendredi 15 février 2008 5 15 /02 /2008 18:31

Entreprises & secteurs / Banque

La Tribune.fr - 15/02/08 à 12:25 - 585 mots

Banque française

Le titre Natixis s'effondre après ses déboires liés au "subprime"

Selon la banque française, son résultat net courant 2007 devrait chuter de plus de 50% par rapport à 2006. La Bourse fait chuter le titre de 12%, ce qui porte sa perte sur un an à plus de 50%. Jean-Pascal Beaufret, qui vient d'Alcatel-Lucent, et Jean-Marc Moriani, responsable de la Banque de Financement et d'Investissement, rejoignent le directoire.

La sanction boursière est lourde: le titre Natixis abandonne 12% ce vendredi en milieu de matinée après la publication hier des résultats préliminaires. Le cours se traite désormais en dessous du seuil de 10 euros, à 9,7 euros, son plus bas niveau historique. Sur un an, il dégringole de 54%.

Le courtier Oddo Securities a abaissé sa recommandation à "vendre" contre "accumuler". Oddo a surtout revu son objectif de cours à la baisse à 10 euros contre 15 euros auparavant. La banque a hier annoncé jeudi en début de soirée de bien mauvaises nouvelles.

Natixis, fruit du mariage dans les activités d'investissement et de financement des Banques Populaires et des Caisses d'Epargne, a décidé jeudi soir de rendre publique une estimation de son résultat consolidé, ainsi qu'une évolution de la composition de son directoire suite à la crise des "subprime" qui a affecté les performances de l'entreprise. Le résultat net courant après impôts devrait "représenter environ 1 milliard d'euros".

Le groupe a décidé de passer 1,25 milliard d'euros de dépréciations, qualifiées de "massives" par Oddo, "en raison de l'aggravation de la crise". "Le portefeuille de prêts en attente de titrisation constitue l'unique exposition directe de Natixis aux "subprime"", précise la banque. Cette exposition directe représente une provision de 57 millions d'euros. En revanche les expositions indirectes sont nettement plus lourdes: la banque les chiffre à environ 817 millions d'euros. Ces portefeuilles portent sur des produits structurés liés à la crise des "subprime" comme les créances hypothécaires résidentielles et les crédits structurés CDO (collateralized debt obligations).

La banque reconnaît également être exposée aux rehausseurs de crédits américains, ces organismes qui assurent les crédits. Les dépréciations concernant ce type de produit atteindront 380 millions d'euros pour une exposition de 1,14 milliard d'euros. La moitié de l'exposition de Natixis concerne le premier rehausseur de crédit américain MBIA qui a dû lever 1 milliard de dollars pour se recapitaliser.

Suite à ces dépréciations, Natixis devrait enregistrer un résultat net courant d'environ 1 milliard d'euros en chute de 50%. Mais la banque devra également défalquer de ce bénéfice l'impact exceptionnel de 369 millions d'euros dû à la restructuration de son rehausseur de crédit CIFG. Celui-ci a été revendu fin décembre à ses deux principaux actionnaires, les Banques Populaires et les Caisses d'Epargne.

Au total, la crise aura coûté 1,6 milliard d'euros à Natixis en 2007. Du coup, le résultat net après éléments exceptionnels pourrait descendre à environ 630 millions d'euros et accuserait dans ce cas une chute de 70% par rapport au résultat net 2006 qui s'était élevé à 2,15 milliards d'euros.

Par ailleurs le groupe a modifié la composition de son directoire. Jean-Pascal Beaufret, qui vient d'Alcatel-Lucent, et Jean-Marc Moriani, responsable de la Banque de Financement et d'Investissement, rejoignent le directoire, tandis qu'Anthony Orsatelli quitte le groupe. François Ladam, partira à la retraite à la fin du mois de mai 2008

Par fo bred - Publié dans : Revue de Presse
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Dimanche 10 février 2008 7 10 /02 /2008 12:05
Article publié sur le net

La vérité sur Natixis

C’est un jour inhabituel, dimanche dernier, qu’à choisit Natixis pour publier ses très attendus résultats du troisième trimestre (en baisse de 37,5% à 240 millions d’euros). Et il aura fallu quelques jours pour que les analystes décryptent les informations financières livrées par ce « leader bancaire à dimension internationale », filiale commune des Caisses d’Epargne et des Banques Populaires. Après enquête auprès des experts qui décortiquent les comptes de cette banque mal aimée de la Bourse, le diagnostic n’est pas rassurant.

En théorie, tout devrait être fini. La filiale américaine CIFG, spécialisée dans le « réhaussement de crédit » par laquelle la plupart des malheurs sont arrivés ; va être reprise par les maisons-mères. Une annonce qui avait fait rebondir le titre Natixis la semaine dernière. Au fait, Natixis n’en a pas fini avec son fardeau CIFG.

1-CIFG ne sera déconsolidé qu’à la fin de l’exercice. Il pourrait donc y avoir des pertes à enregistrer dans les comptes de Natixis pour le quatrième trimestre au titre de cette filiale qui a déjà coûté 140 millions d’euros au troisième trimestre.

2-Il va bien falloir que le délestage de CIFG auprès des deux mères de Natixis soit comptabilisé. On voit mal les barons des Caisses d’Epargne et des Banques Populaires accepter d’acheter des pertes. Et si la valeur de CIFG est nulle, il faudra passer une jolie moins-value chez Natixis, sans doute plus de 400 millions d’euros.

3-On notera que les dits barons de l’Ecureuil doivent être d’autant plus furax que la perspective de reprise de CIFG va leur coûter cher, et pour longtemps. Le 26 novembre, Moody’s a décidé de coller à la CNCE, la holding de tête de l’Ecureuil une « perspective négative » a son rating de solidité financière, le BFSR. Traduction, les Caisses d’Epargne vont devoir payer plus cher pour se refinancer. Sans que cela ait bénéficié à Natixis, dont le BFSR est rétrogradé à « C » (l’Ecureuil est lui à « B »). Petite vexation supplémentaire pour les Caisses d’Epargne, les Banques Populaires, elles, n’ont pas été affligées de l’infamie d’une « perspective négative ». Tout celà ne va pas arranger l'ambiance entre l'Ecureuil et les Banques Populaires, voire à l'intérieur même de ces réseaux, et bien sûr au sein de leur co-entreprise Natixis.

Voilà pour CIFG. Il y a maintenant le reste. Natixis a annoncé qu’il disposait d’une exposition en RMBS et CDO d’ABS, des produits exposés à la crise des subprimes, d’un montant de 1,24 milliards d’euros. Quelle est la valeur réelle de ce portefeuille étant donné que ces marchés ont implosé depuis cet été ? Difficile à dire. Les compteurs ont été arrêtés fin septembre, alors que ces marchés se sont encore dégradés depuis. Les taux de dépréciation retenus (moins de 6% pour les CDO d’ABS par exemple) paraissent plutôt faibles. Dans la cuisine complexe (trop complexe) de ces instruments, la plupart des analystes attendaient de Natixis qu’il passe la paille de fer. Cela n’a visiblement pas été le cas. Et le sentiment dominant est que les problèmes sont encore à venir. Des provisions sont à attendre pour le prochain trimestre. A écouter certains analystes, la chute de 61% du résultat net de l’activité de banque de financement et d’investissement de Natixis n’est qu’un début. Et le fait que ce chiffre reste positif de 81 millions d’euros relève du miracle.

Au moins, Natixis, pourra s’appuyer sur la banque de détail, pilier inébranlable en temps de crise. Natixis est en effet actionnaire (sans droit de vote) à hauteur de 20% des réseaux Banques Populaires et des Caisses d’Epargne. Mais du coté de ces vaches à lait, ce n’est pas non plus la fête. Sur les 9 premiers mois de l’année ces participations ont rapporté 457 millions d’euros (241 pour les Caisses d’Epargne, 216 pour les Banques populaires), un chiffre désespérément stable par rapport à la même période de l’an dernier. Si on compare de trimestre à trimestre, on enregistre même une baisse de 1,9% à 105 millions d’euros. Ce n’est pas fameux, mais les géniteurs de Natixis ont tout de même été inspiré de lester leur créature de ces participations, puisqu’elles représentent aujourd’hui 75% du résultat.

Pour la suite, on attendra
1-La publication des comptes annuels. Qui pourrait réserver quelques (mauvaises) surprises.
2-Le résultat de la crise de gouvernance post-fusion qui suinte entre les Banques Populaires et les Caisses d’Epargne.

Problème technique dans les usines et de co-gouvernance, les Caisses d’Epargne et les Banques Populaires se sont fabriquées un joli petit EADS.
On restera bien sur à l'écart.

Pierre-Henri de Menthon
Par fo bred - Publié dans : Revue de Presse
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