Paris, le 18 février 2008
SECTION FEDERALE DU CREDIT
LE SECRETAIRE
Madame Christine LAGARDE
Ministre de l'Economie, des Finances et de
l'Emploi
139 rue de Bercy
75572 PARIS cedex 12
SB/JK - 06/2008
Lettre ouverte
à Madame le Ministre de l'Economie,
des Finances et de l'Emploi
Madame le Ministre,
La Fédération FO Banques souhaite faire appel aux plus hautes instances de l’Etat dans une période où l’avenir de bon nombre de salariés de la profession bancaire semble en
danger.
En effet, sans préjuger des résultats de l’enquête concernant la Société Générale, notre Organisation syndicale condamne
l’opacité qui entoure de nos jours les comptes et le fonctionnement des établissements bancaires.
Pour preuve la crise dite des «subprimes», alors que Société Générale et BNPP estimaient officiellement en décembre les
provisions à passer entre 200 et
300 millions d’euros, un mois plus tard, nous étaient annoncés 2 milliards d’euros de provisions pour la Société Générale et près de 1 milliard pour BNPP.
Au bout du compte, ce seront 2,6 milliards d’euros de provisions pour la Société Générale.
Ces «à peu près» ne sont pas sérieux, mais surtout ils sont indignes de grands établissements financiers
européens.
Surtout, le manque de visibilité et de transparence sur les risques encourus ne peut que nous laisser de fortes craintes pour
les salariés de ces établissements, mais également pour ceux d’autres établissements de la profession qui font preuve du même flou dans leurs annonces.
Section Fédérale du CREDIT
Tel. : 01 48 01 91 87 - Fax : 01 48 01 91 98
Email : sbusirisfobanques@orange.fr
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Il est nécessaire que le gouvernement impose plus de contrôle et plus de transparence dans les comptes de nos
établissements.
Les mésaventures de la Société Générale ne doivent pas être un avatar boursier. Si nous souhaitons que toute la lumière soit
faite sur cette affaire, il est impératif que des mesures soient prises afin d’éviter qu’elles ne se reproduisent dans d’autres établissements.
Car, nous ne pouvons admettre que l’on puisse «jouer» avec l’avenir de centaines de milliers de salariés sans plus de
contrôle.
Nous souhaitons également vous alerter concernant d’éventuelles restructurations bancaires opportunément justifiées par
l’actualité de la Société Générale la rapprochant ou l’adossant à la BNPP.
Aujourd’hui, ces deux établissements à eux seuls regroupent près de
300.000 salariés qui se posent beaucoup de questions et expriment leurs craintes face à l'avenir.
Ici et là on parle de rapprochement, de fusion ou d’OPA, il nous semble important qu’avant toute chose la lumière soit faite sur
la réelle situation financière de ces établissements et sur les conséquences de la crise des «subprimes».
Dans un second temps et avant toute restructuration bancaire, nous vous demandons la mise en place d’un «cahier des
charges sociales» prenant en compte le devenir et l’avenir des salariés.
Les enjeux sont importants. Quels que soient les protagonistes, toute OPA sera très certainement synonyme de suppressions
d’emplois afin de rentabiliser au plus vite l’investissement effectué.
Pour FO, les salariés ne doivent pas être les premières victimes des restructurations, tout projet doit être assorti
d’engagements concernant l’emploi et l’avenir de salariés présents dans les deux groupes.
Les salariés ne doivent pas être «sacrifiés» afin de créer le premier établissement bancaire européen.
FO Banques revendique :
- le maintien de l’emploi,
- la mise en place de mesures permettant de palier les conséquences d’éventuelles restructurations,
- le maintien du niveau des salaires et des rémunérations annexes,
- le maintien des garanties sociales de toute nature.
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Pour FO, si le gouvernement souhaite éviter toute OPA étrangère, il se doit également d’être garant de l’avenir des
salariés des établissements bancaires français.
Les salariés de la profession ne doivent pas être les victimes des errements ou défauts de contrôle des dirigeants de leur
entreprise.
Or, aujourd’hui, les premières victimes sont les salariés de la Société Générale qui vont d’une part être impactés
financièrement par les pertes et d’autre part, vont devoir produire plus pour compenser les pertes et cela avec des conditions de travail déjà dégradées.
Dans l’attente de votre prochaine communication,
Nous nous tenons à votre disposition pour tout entretien à votre convenance.
Nous vous prions d'agréer, Madame le Ministre, notre considération distinguée.
Sébastien BUSIRIS
Secrétaire fédéral de la section du Crédit